S'il y avait un match à ne pas louper cette saison, c'était bien celui-ci. Depuis que le groupe avait annoncé mi décembre le programme des festivités des 30 ans, ce dernier match à domicile était coché sur tous les calendriers des afficionados malherbistes. Initialement programmé le vendredi 8 mai, la rencontre est décalée fin février au samedi 9 (pour que certains clubs n'aient pas à payer leurs salariés et/ou prestataires en jours fériés

) ; cela arrange les expatriés qui peuvent se permettre un week-end prolongé sous le beau soleil de Normandie (n'est ce pas JJ qui s'est pris un coup de soleil

). Après deux semaines de réalisation des tifos, on se retrouve la veille du match dans un bar caennais histoire de tous se retrouver une dernière fois avant le jour J. Nos amis d'Ingolstadt sont là, toutes les générations sont représentées, les discussions vont bon train. Vers 22h, on décolle en mode discret - enfin on essaye ! - pour rejoindre un lieu emblématique de la ville pour un avant-goût des 30 ans. Arrivés non loin, les consignes sont données pour que tout se passe dans un bon esprit. On déboule place Saint-Sauveur et on se repartit sur autour des escaliers et de la statue de Louis XIV. On est finalement plus nombreux que prévu et on est obligés de s'étirer jusqu'aux statues de la caravane. Au milieu de la place trônent deux caisses de feux d'artifices. C'est au déclenchement des celles-ci que nous allumons nos bougies de manière coordonnées. L'effet est superbe ! Les badauds sont surpris par cette animation, les commerçants et clients de la place aussi ! Quelques riverains filment depuis leurs fenêtres, l'un d'eux (que je connais) descend pour s'enquérir de la situation. Il est rassuré sur le caractère festif de l'animation. Une fois les fumis éteint, on les ramasse tous et on les jette dans une poubelle (ce qui n'est pas forcément l'idée du siècle

). On se place derrière la phrase "J-1 : les 30 ans c'est demain !" avec un dernier petit craquage et des chants qui claquent. Puis on remballe le tout direction la rue Ecuyère pour beaucoup. La police est venue rapidement sur les lieux et a observé de loin ce qui s'est passé. Seule la personne en charge de filmer au drone s'est vue contrôler son identité.
Le lendemain, le rdv est fixé à 8h30 au stade. J'arrive avec Val' depuis Beaulieu (merde on a loupé notre arrêt de bus

) et on voit personne sur les marches de la Borrelli. On se demande où sont les gens et s'ils sont debout. En fait, la plupart est au café dans l'extension de la boulangerie qui fait l'angle du boulevard Pompidou et la rue Chappe. On apprend que certains sont rentrés à 3h du mat et que cela pique un peu. D'autres sont debout depuis 5h car trop excités (n'est-ce pas Morgan

). Le camion transportant les tifos arrivent sur l'esplanade peut après 8h30 et on se dirige vers les marches de la porte 5. Les jeunes montent sur mât un nouveau drapeau 30 ans. On récupère des cartons de feuilles et on commence à les monter en haut des marches. Peu après 9h, les portes nous sont enfin ouvertes par les stadiers. Le tifo de la première mi-temps est sorti du camion et emmené directement à l'étage; celui de la seconde reste en tribune. Pendant qu'une équipe se charge de centrer et scotcher le premier tifo, une deuxième répartisse les feuilles sur les deux blocs centraux afin de réaliser un 30 en blanc sur fond bleu et rouge. Une troisième équipe se charge de confectionner la phrase en l'honneur à nos disparus dans les coursives. Une dernière équipe d'une quinzaine de personnes se charge, quant à elle, d'installer la fan-zone et la table de vente à l'extérieur. En tout, c'est près de 70 membres qui sont présents pour l'installation (moins un car Olaf a toujours mal à son genou et qu'il ne peut pas aider à grand chose selon ses dires), un record pour une prépa !
L'activité scotchage est de loin celle qui requière le plus d'attention. En effet, la partie basse du premier tifo est hyper lourde, c'est pour cela que la voile a été finalement découpée en quatre parties, de peur qu'elle se déchire en cours de déploiement. On fait un test concluant sur la première partie, de la ficelle retenant le tout afin de faciliter le déploiement. Dehors, cela s'active à installer les tentes pour la table de vente (et la très attendue collection 30 ans), le stand photos, le stand matos et le podium. Baptiste arrive avec sa sono et son groupe électrogène et on l'aide à mettre en place le podium prêté par la mairie. Une fois le scotchage terminé, la deuxième partie du premier tifo est aussi installé en haut de la seconde Borrelli ; on fait attention au positionnement et l'enroulage pour que le déploiement se fasse dans le bon sens. Le tifo de la deuxième mi-temps est ensuite descendu mais il faut le déployer pour bien vérifier le sens. Pour cela, nous sommes obligés d'aller sur la pelouse. Heureusement Antoine Finel est là et avec le jardinier, ils mettent à disposition un pédiluve afin que nous accédions à la pelouse. Une fois le sens de la voile trouvé, on l'enroule et on la remonte en tribunes. Dernière chose à faire en tribunes, l'accrochage au grillage de la phrase accompagnant le premier tifo : "Malherbe Normandy Kop, 30 ans de passion !" avec la difficulté de ne pas bloquer la porte d'accès à la pelouse

Il est 11h45 et les différentes opérations sont terminées, il est temps de faire une photo de famille sur la pelouse devant notre tribune (en passant par la pédiluve bien sûr). Entre midi et 1h30, chacun se restaure après une matinée déjà bien chargée (et il commence à faire très chaud sur l'esplanade), certains trouvent refuge dans le local de l'amicale des anciens afin de profiter de l'ombre...et des toilettes

La table de vente est ouverte et les premiers supporters achètent les écharpes; tee-shirts et casquettes (très utiles avec ce soleil).
Il est 13h45 quand le signal est donné au noyau de se rendre à Venoix, on ferme les stands qui restent sous la surveillance d'un stadier. Il y a déjà du monde qui piaffe devant la grille. Des jeunes joueurs et joueuses du club arrivent à se frayer un chemin parmi la foule et doivent se demander ce qu'il se passe. On fait la demande - qui est acceptée - à l'agent préposé à la sécu du stade de Venoix de nous ouvrir la grande grille afin de nous répartir à l'intérieur et ainsi éviter de déjà bloquer la circulation boulevard Détolle. Au fil des minutes, les supporters arrivent de partout (beaucoup de d'Ornano). Les gens se retrouvent, cela s'embrasse, se tape sur l'épaule et évoque des souvenirs de stade. Le maire vient faire son coucou et prend la pose avec des membres du bureau. 14h30 pétantes, le cortège investit le boulevard Détolle, la police municipale bloque le rond-point et le cortège peut partir. Il a été vu avec la police et la mairie de rapidement effectuer le parcours sur le boulevard Détolle afin de le rendre le plus rapidement à la circulation. C'est près de 600 personnes qui quittent le stade de Venoix et se dirigent vers le stade d'Ornano. Les fumis sont de sortie , les craqueurs font les choses avec intelligence et font attention à ceux qui les entourent. La consigne donnée de ne pas utiliser des pétards est respectée et le cortège est donc populaire et rassemble toutes les générations. Lorsqu'on arrive au croisement avec la rue des Coutures, Sebuk monte sur lampadaire. Avec un méga, il demande à tout le monde de lever les mains en l'air et de rendre un hommage à Salah. Moment très émouvant où l'on voit certains membres les larmes au yeux. Puis le cortège repart vers le stade. Lorsqu'on arrive non loin du siège, des pétards sont lancés

et je vois de loin des personnes commencer à quitter à partir, vraiment dommage. On lance un dernier chant en l'honneur du groupe puis les supporters se répandent sur l'esplanade.
Bien avant l'arrivée du cortège, il y avait du monde autour de la table de vente. La fan-zone est officiellement ouverte et les animations s'enchainent. Sebuk dessine un portrait de Salah ; les gens visitent les deux stands photos et matos. Puis c'est au tour des animations sur le podium avec de la musique puis les différents interviews menés par François Duval : les membres fondateurs (Olaf, Fabrice, Prentakart, Mat, Laurent - il manquait Yoann et Guillaume pourtant présents qui n'ont pas entendu les appels au micro

) qui nous parlent du commencent et de l'évolution du groupe puis c'est au tour d'Eddy Costil et Vinicius Gomez de nous évoquer l'importance du groupe au sein du club. C'est ensuite les différentes sections du groupe de prendre la parole : girls (avec Anouchka et Chacha), la FP (Papa Ours, Eddy chibre), Steven le grand chelemeur et enfin la future relève avec le mini kop (qui a déjà pris le méga durant le cortège et qui a désormais sa bâche!). Le président Ziad Hammoud et le DG Jocelyn Flamand, accompagnés d'Anthony Mandrea parlent de leur relation - plus ou moins tendue - avec le groupe avec beaucoup de bienveillance et d'intelligence. On rend un hommage appuyé à Antoine Finel qu'on fait monter sur le podium par tout le travail qu'on effectue avec lui. D'autres générations prennent la parole dont la Middle. Antwan est content de récupérer une nouvelle bâche réalisée par Sebuk. Nos amis d'Ingolstadt sont aussi invités à prendre la parole (en anglais pour qu'une majorité puisse comprendre puis traduit en français). Nono' prend le micro et fait applaudir chaleureusement les deux personnes les plus importantes de ces festivités : Emilie et Mélanie, pas forcément habituées à être mises en lumière. Dans les derniers invités, on a Pascal Théault et les "cadets de 1973", ceux qui ont gagné le premier titre du club (la coupe Gambardella). Les derniers sur le podium sont les membres du bureau qui remercient le millier de supporters présents sur la fan-zone. Il est désormais 18h et on s'active pour ranger tous les stands (sur celui des photos, on est obligés d'enlever les panneaux alors que des gens sont en train de les regarder

). La table de vente a été littéralement "défoncée" avec toutes les écharpes qui ont été vendues, ainsi qu'énormément de tee-shirts; un véritable succès.
Les portes n'ouvrent qu'à 18h30 mais la queue est déjà très longue devant la Borrelli, on sent que l'affluence va être importante au vu du nombre de supporters présents sur l'esplanade. La boutique est prise d'assaut avec les maillots à 30€ et le patch MNK à 5€ (en rupture de stocks en fin d'après-midi !). A l'échauffement, les joueurs portent le tee-shirt spécial 30 ans, sur les écrans du stade, le club diffuse un clip réalisé rapidement du cortège. Lorsqu'ils repartent vers les vestiaires, la tribune est déjà largement pleine et ils se font ovationnés. Les membres désignés pour la gestion des tifos gagnent leurs emplacements et les premières consignes sont données par les capos. A quelques minutes du coup d'envoi, Olaf et Gourou sont interviewés une nouvelle fois par François Duval au bord du terrain. Il est 19h20 et le premier tifo est déployé, une à une, les quatre parties sont déroulées. Cela se fait sans accroc sauf la dernière à la droite qui connait un léger retard dû à de la ficelle qui s'est mal déroulée mais tout rendre dans l'ordre. Parallèlement, la partie haute est aussi déployée d'une seule traite. Une fois les deux parties bien calées, les spectateurs des autres tribunes déclenchent un tonnerre d'applaudissements pour le spectacle réalisé ! Les joueurs entrent enfin sur le terrain suivis de près par Olaf et Gourou qui donnent le coup d'envoi ! Une fois le premier tifo remballé, la partie basse fait apparaître le chiffre 30 sur fond bleu et rouge. Dommage que certaines parties soient peu remplies, le rendu eut été meilleur. Mais bref, ce deuxième tifo proposé par les jeunes, que beaucoup ont pensé irréalisable, a bien fonctionné. Une fois les tifos terminés, place aux chants ! La tribune était bien remplie, les premiers sont puissants. La partie haute est aussi de la partie et cela claque bien. Vers la 30e minute, on sort une voile avec la tête de léopard surmontée d'un "30 ans". Peu après, les premiers pots de fumée sont allumés suivis des fumigènes. Ce craquage déclenche un nouveau tonnerre d'applaudissements de la part du reste du stade, un joli pied de nez aux instances du football français ! La mi-temps se termine sans but mais dans une sacrée ambiance.
Pas de repos pour les kopistes à la mi-temps, le troisième tifo est à mettre en place. Le club nous ouvre la grille et on récupère la voile qui était stockée derrière le but. Elle remonte en tribunes et est placée en haut des marches. Elle est déployée quelques minutes avant le début de la seconde période. Trop haute au départ, elle est descendue progressivement avec le bas soit proche du bas de la tribune. Encore une fois, les autres tribunes applaudissent le travail réalisé. Niveau chant, il y a deux choses à noter : le "dans la ville au cent clochers" qui est repris par tout le stade (première fois que je l'entends ainsi), très impressionnant ! Et le "nous nous sommes les Caennais" légèrement modifié par Morgan qui a bien claqué (mais moins suivi par les autres tribunes par ils n'ont pas compris les changements de paroles

). Vers la 60e minute, la voile léopards 30 ans est ressortie. Est-ce le signe avant-coureur d'un nouveau craquage ? Eh bien oui ! la tribune s'enflamme une seconde fois d'une bonne cinquantaines de torches. Et encore une fois, ce craquage est vivement applaudi. A noter qu'à chaque fois, la fumée n'a pas interrompu le déroulement de la rencontre. Vers la 70e, on sort notre phrase à nos disparus : "une pensée pour nos absents : présents pour l'éternité!" accompagnée de 2/3 fumis ; le drapeau de Salah est alors le seul agité. Autre fait marquant de cette deuxième mi-temps, une vraie marée d'écharpes. Depuis le temps qu'on l'attendait celle-ci. Le fait que la nouvelle satin soit partie comme des petits pains y joue et sur les deux blocs centraux, peu n'avait pas d'écharper à déployer. On aborde la fin du match, toujours sans but malgré nos encouragements et la voile léopards 30 ans refait son apparition. Que va-t-il se passer encore

? Cela commence par des petits mortiers qui sont tirés en direction de la pelouse (en hauteur bien sûr) puis les fumis sont allumés pour donner un beau visuel encore une fois. Cela beau être le troisième craquage, les autres tribunes en redemandent ! Malgré les quatre minutes de temps additionnels, nos joueurs n'ont pas réussi à mettre le petit but qui aurait pu faire chavirer le stade, c'est dommage. Les joueurs font le tour du stade pour saluer le public ; les derniers fumis sont allumés sur la grille au niveau des capos. Puis ils arrivent devant la tribune pour faire la fête. Didi Gaucho, qui disputait sûrement sont derniers matchs sous nos couleurs est ému et prend le micro pour nous remercier de toujours l'avoir soutenu. Il a le droit à un chant spécial en son honneur. Puis tous les joueurs se prennent par les épaules et reprennent le chant que l'on entonne. C'est sur une très bonne note que se termine cette saison avec un public réconcilié avec son équipe.
Après le match, il y a encore beaucoup de monde sur l'esplanade, la boutique ne désemplit pas. Et que dire de la buvette ! Elle joue les prolongations pour nous jusqu'à 2h. Beaucoup de membres s'y retrouvent et terminent cette longue et belle journée qui restera dans nos mémoires.
